Tandis que le personnel de la société Rêve de Crème se déplace vers le buffet et que le brouhaha monte, le Président Dutonnerre s’approche de madame Lécureuil en lui disant :
«
- Allons dans mon bureau. Puis s’adressant toujours à elle,
alors, Madame Lécureuil que pensez-vous de cette
allocution ? Ai-je été assez convaincant ?
Le message passe bien n’est-ce pas ? C’est moi le patron,
non ?
- Nul doute que le message est clair, Président, lui rétorque
Madame Lécureuil.
Mais ne croyez-vous pas qu’il serait souhaitable d’aborder les choses sous un autre angle, d’une autre manière ?
- Que voulez-vous dire ? J’ai été parfait, non ?
- Là n’est pas la question, Président, mais il me semble que
construire l’avenir requiert parfois un peu de souplesse
pour s’adapter aux difficultés et pour s’en défaire.
Une attitude psychorigide mène parfois tout un bataillon
de petits soldats à l’abattoir, ne pensez-vous pas ?
Le droit à l’erreur et à l’échec doivent être permis à tout le monde et même à vous, Président, vous ne croyez pas ?
- Ecoutez-moi bien madame Lécureuil, je vous paye pour que
mon entreprise gagne en rentabilité et efficacité !
Je vous paye pour transformer mes points faibles en force
et non le contraire !
Ce sera tout pour aujourd’hui, vous pouvez disposer,
termine le Président excédé,
en regardant Madame Lécureuil droit dans les yeux. »
Cette dernière baisse les yeux et tournant les talons, sort de la pièce.
« Pourquoi ai-je accepté de travailler pour lui comme consultante et psychologue d’entreprise, se dit-elle atterrée par ce qu’elle vient d’entendre. »