LE GANG DES GRENOUILLES VERTES

  • Chapitre 1

    Nice, au café, le Van Gogh, 13H.

    «
    - Tiens Marcel, reprend donc un peu de porquetta, propose Thierry.

    - Tu sais que ça me fait drôle d’avoir tant d’oseille, Thierry.

    - Va falloir t’y faire ma vieille. Moi, en tout cas, dès que je peux, je mets les voiles.
    Mais pour l’instant, je me la joue tranquille. Avec tous ces condés qu’on a rendus ding, vaut mieux la jouer fine.

    - J’ai la trouille, Thierry, je me sens pas serein avec tout ce blé, continue Marcel angoissé.

    - Arrête donc de stresser !
    Tu devrais être relax au contraire, lui rappelle Thierry. Tu files doux pendant quelques temps et puis après tu t’en fous. Tu vis, tu t’oxygènes, tu te lâches quoi !
    Y finiront bien par nous lâcher. C’est pas des morbacs tout de même, les condés.

    - J’aimerais te croire, Thierry, comme j’aimerais te croire ! Lui répond Marcel.

    - Quand je pense à leur tronche quand on arrivait dans leur crèmerie à ces bijoutiers mielleux ! Enchaîne Thierry. Y mouftaient plus nos petits notables, y faisaient dans leur froc, y tremblaient comme des feuilles, y transpiraient comme des grosses vaches !
    Quand je pense qu’ils te chient à la gueule quand tu les croises dans la rue. Là, avec un canon sur la tempe, ils sont prêts à chanter la marseillaise, les cons !
    Dis donc ma vieille, au fait, va falloir te calmer avec ta peinture. Je vais tout même pas continuer à faire le mariole longtemps.

Philippe Mai
Haute-Savoie
France
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