Nice, au café, le Van Gogh, 13H.
«
- Tiens Marcel, reprend donc un peu de porquetta, propose
Thierry.
- Tu sais que ça me fait drôle d’avoir tant d’oseille, Thierry.
- Va falloir t’y faire ma vieille. Moi, en tout cas, dès que je peux, je mets les voiles.
Mais pour l’instant, je me la joue tranquille. Avec tous ces condés qu’on a rendus ding, vaut mieux la jouer fine.
- J’ai la trouille, Thierry, je me sens pas serein avec tout ce blé, continue Marcel angoissé.
- Arrête donc de stresser !
Tu devrais être relax au contraire, lui rappelle Thierry.
Tu files doux pendant quelques temps et puis après tu t’en fous.
Tu vis, tu t’oxygènes, tu te lâches quoi !
Y finiront bien par nous lâcher. C’est pas des morbacs tout de même, les condés.
- J’aimerais te croire, Thierry, comme j’aimerais te croire ! Lui répond Marcel.
- Quand je pense à leur tronche quand on arrivait dans leur crèmerie à ces bijoutiers mielleux ! Enchaîne Thierry.
Y mouftaient plus nos petits notables, y faisaient dans leur froc, y tremblaient comme des feuilles, y transpiraient
comme des grosses vaches !
Quand je pense qu’ils te chient à la gueule quand tu les croises dans la rue.
Là, avec un canon sur la tempe, ils sont prêts à chanter la marseillaise, les cons !
Dis donc ma vieille, au fait, va falloir te calmer avec ta peinture.
Je vais tout même pas continuer à faire le mariole longtemps.